Claude L

LES GRANDES OREILLES

 

J'aime les grandes oreilles de tous ceux qui écoutent

Sans bailler aux corneilles, les autres et leur déroute

Ceux qui savent comprendre sous les mots discrets

Les battements du tendre et le temps qu'il y fait

J'aime les grandes oreilles de tout ceux qui se penchent

Pour entendre la vieille raconter son dimanche

Ceux qui n'ont pas besoin de prendre le plancher

Pour ressentir enfin le plaisir d'exister

 

Y a tant de mots qui s'égarent

Dans l'espace et dans le vent

Qui jamais ne se déclarent

Faute d'amis ou de temps

 

Où sont les grandes oreilles de ceux qui jamais n'osent

Trahir les grands secrets que chacun y dépose

Elles sont trop peu nombreuses pour fournir à l'ouvrage

Discrètes guérisseuses des fragiles passages

Où sont les grandes oreilles, se sentent-elles bien seules

Lorsqu'elle doivent se taper le discours des grandes gueules

Qui déclarent sans ambages que le monde il est con

Comme pour masquer l'image de leur propre dérision

 

Y a tant de mots qui s'égarent

Dans l'espace et dans le vent

Qui jamais ne se déclarent

Faute d'amis ou de temps

Y a tant de mots qui se frappent

Sur le bois des portes closes

De mots qui toujours n'attrapent

Que les épines de la rose.

 

Je cherche des grandes oreilles pour pouvoir m'y poser

Comme le font les abeilles sur le nectar sucré

Pour pouvoir m'y lover comme l'enfant nouveau-né

Dans les bras de sa mère en toute sécurité

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